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Éditorial : Franck Fumoleau, directeur général, Itemm
rubrique " science, musique, technique "
« Bon » piano pour les musiciens : analyse linguistique de leur discours - Pascale Cheminée, Danièle Dubois
[résumé] Comme son titre l’indique, cet article est une analyse linguistique de la manière dont quelques pianistes parlent, commentent le son musical de leur instrument. Cette recherche s’inscrit dans un programme, mené au LAM depuis maintenant plus de dix ans par l’équipe LCPE, une équipe de linguistes et psychologues intéressés par les catégories sémantiques relatives aux cinq sens et par la manière dont celles-ci se disent, se manifestent et (peut-être) se construisent dans les discours. Ainsi des odeurs, des couleurs, dans diverses pratiques ordinaires ou professionnelles, telles que la parfumerie, la qualité (olfactive ou acoustique) des ambiances urbaines, d’environnements plus restreints comme les habitacles automobiles, les intérieurs de TGV, la dénomination des couleurs...
Lutherie tools : projet collaboratif entre ateliers de lutherie et laboratoires - François Gautier, Vincent Doutaut, Jean-Marie Fouilleul
[résumé] Les relations entre science et musique sont anciennes. Les luthiers ont constamment cherché à comprendre le fonctionnement des instruments qu’ils produisent dans la perspective d’en faire évoluer les performances et d’adapter leurs caractéristiques aux souhaits des musiciens. Ce questionnement s’est toujours exprimé fortement, a donné lieu et fait toujours l’objet aujourd’hui de rapprochements entre professionnels de la lutherie et de la recherche, en particulier en acoustique musicale. Les domaines scientifiques concernés sont larges comme par exemple : vibrations de structures mécaniques, rayonnement acoustique, sciences du bois… Dans un contexte actuellement très concurrentiel, les objectifs des luthiers sont liés autant à la recherche de bois alternatifs pour les essences en voie de disparition ou interdites à la commercialisation qu’à l’élaboration d’outils d’aide à la caractérisation et à la conception. Les approches mises en oeuvre relèvent de l’aide à la facture instrumentale, dont le projet Lutherie tools, issu d’un partenariat ténu entre luthiers et universitaires, est une illustration actuellement en cours de développement.
Propriétés vibratoires des bois de facture instrumentale et biodiversité, Iris Brémaud
[résumé] La sélection des bois en facture instrumentale repose sur des critères physiques (densité, stabilité hygrométrique), mécaniques, vibratoire, mais aussi esthétiques, tactiles ou d’approvisionnement. Quelles que soient les raisons initiales du choix, les propriétés du matériau influencent le comportement de l’instrument fini. Les facteurs d’instruments en connaissent la grande variabilité, au sein d’une même espèce ou d’une essence à l’autre. L’éventail est large en fonction des bois employés pour chaque partie des instruments et s’ouvre encore selon les cultures de facture instrumentale à travers le monde ; cette diversité étant assez mal connue. Par ailleurs, plusieurs espèces traditionnelles en facture sont de plus en plus difficiles à obtenir en quantité ou en qualité suffisantes, notamment certaines essences tropicales menacées dont le commerce international est strictement réglementé par la CITES : palissandre de Rio, acajous de Cuba et du Brésil, pernambouc depuis 2007… Une diversification des bois de facture, appuyée sur la connaissance des propriétés physico-mécaniques, peut pallier ces difficultés.
Étude de la qualité sonore de la guitare électrique solid body : influence du matériau du corps sur le son amplifié perçu, Benoît Navarret
[résumé] Le marché de la guitare électrique est aujourd’hui fortement dépendant de l’héritage laissé par les modèles fabriqués dans les années 1950. Les modèles actuels – produits aussi bien par les pionniers que leurs concurrents – témoignent d’une filiation certaine aux icônes que sont devenues la Telecaster, la Stratocaster, la Les Paul et la SG. Les sonorités de ces instruments ont marqué l’histoire du rock et demeurent des références. Ces guitares font l’objet de vives discussions à propos d’organologie, de valeur historique et des sons qu’elles émettent. Elles ont leur propre identité sonore, ce que tout musicien s’accorde à décrire en général. Par contre, les tentatives d’explication de ces différences ne sont pas toujours concordantes et fiables. Il semblerait que l’appréciation qui est faite du « tout », c’est-à-dire l’instrument dans son ensemble, s’accompagne également d’une extrapolation un peu abusive à la « partie ». Les réponses données prennent souvent la forme d’une énumération non hiérarchisée de toutes les composantes de l’instrument. Ce type de raisonnement laisse penser que chacun des éléments de la lutherie est déterminant bien que certains ne jouent vraisemblablement qu’un rôle mineur.
dossier
Regards sur le filière instrumentale
• Parole aux présidents d’associations professionnelles, Barbara Guicheteau
• Un contexte économique en mutations, Jérôme Monsimier
• Nécessaire conquête de nouveaux marchés, Jérôme Monsimier, Barbara Guicheteau, Jacques Carbonneaux
• Enjeu des pratiques musicales : des musiciens amateurs dans tous leurs états, Christiane Louis
• Pari de la transmission des savoir-faire, Jérôme Monsimier
• Innovation et facture instrumentale : interactions entre lutherie contemporaine et création musicale, Barbara Guicheteau
rubrique " entreprises, économie, métiers "
Premiers archets à travers l’iconographie, Nelly Poidevin
[résumé] Relativement peu d’informations ont été publiées au sujet des archets précoces et l’évolution de leur facture. Le manque d’exemplaires datant de ces périodes à notre disposition en constitue probablement la raison principale. Néanmoins, à partir du Moyen-Âge, les représentations iconographiques sont abondantes. Leur examen approfondi dévoile des récurrences de formes et de détails, desquels il est possible de construire une classification et une évolution organologique des archets. Le réalisme des illustrations du XVIe et XVIIe siècles, par recoupement avec de nombreux documents complémentaires concernant les instruments à cordes frottées (traités sur les instruments, méthodes d’apprentissage, compositions musicales…), étaye cette approche et permet une analyse encore plus fine de l’esthétique sonore recherchée. Du Moyen-Âge au début de l’époque baroque, cet article propose une typologie de la fabrication des archets et la mise en valeur des savoir-faire associés à la maîtrise de leurs paramètres de qualité, en fonction des matériaux disponibles et des outils adaptés aux besoins musicaux du moment.
Orgue français de la Renaissance contribution à l’histoire de la facture d’orgue et essai de synthèse, Philippe Picone
[résumé] Période marquée par une activité très intense du point de vue musical, la Renaissance témoigne d’un bouleversement incontournable et fondamental pour la facture d’orgue, le répertoire et la pratique organistique. De nombreux articles et études traitent de l’orgue de la Renaissance, mais il semble qu’aucun n’ait encore entrepris une synthèse des travaux réalisés, synthèse augmentée si possible d’informations nouvelles susceptibles d’apporter d’autres éléments de compréhension sur l’orgue de cette époque, en France en particulier. Aussi, cet article n’est pas à proprement parler une « histoire de l’orgue renaissance », mais plutôt une étude accessible au plus grand nombre, spécialistes, amateurs éclairés ou néophytes. |
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